Lettre à Dominique PERBEN, ministre des transports du 6 avril 2007

Lettre à Dominique PERBEN, ministre des transports

Belfort,
le 6 avril 2007

Monsieur Dominique PERBEN
Ministre des Transports, de l’Equipement,
du Tourisme et de la Mer
Hôtel de Roquelaure
246 boulevard Saint-Germain
75007 PARIS

Monsieur le Ministre,

Suite au courrier que nous vous avons adressé le 5 mars dernier sur la problématique d’ensemble du TGV Rhin-Rhône, nous souhaiterions revenir aujourd’hui plus précisément sur la deuxième tranche de la branche Est et sur l’intérêt de lancer sans attendre les études et travaux préparatoires en vue de sa réalisation.

Les résultats des études d’avant-projet détaillé de la deuxième tranche indiquent que le coût du tronçon de ligne nouvelle entre Belfort et Mulhouse s’élève à 590 millions d’euros (génie civil, équipements ferroviaires et acquisitions foncières), valeur juillet 2006.

Ce qui en fait un investissement financièrement modeste comparé à d’autres : 600 millions d’euros pour les seuls travaux préliminaires du Lyon-Turin, entre 1,7 et 2 milliards d’euros pour la deuxième tranche de la LGV Est européenne, par exemple.

Compte tenu des gains de temps de parcours que procurera la deuxième tranche de la branche Est du TGV Rhin-Rhône, en particulier entre Strasbourg et Lyon (25 minutes, soit 2 H 50 au lieu de 3 H 15) et, au-delà, vers Marseille et Barcelone, ce serait un véritable contresens que de laisser celle-ci en suspens.

Cette deuxième tranche renforcera encore la vocation transfrontalière du TGV Rhin-Rhône, en Allemagne en premier lieu. Sa zone de chalandise immédiate est d’ailleurs identique à celle de la deuxième tranche de la LGV Est européenne : Francfort au Nord et Stuttgart à l’Est.

C’est pourquoi nous pensons qu’il serait judicieux que M. Claude LIEBERMANN prenne en compte également la dimension « Rhin-Rhône » dans ses discussions avec nos amis allemands. Ceux-ci y seraient certainement très sensibles. La lettre que nous venons de recevoir du Ministre-Président du Land de Rhénanie-Palatinat, M. BECK, en témoigne.

Nous souhaitons également attirer votre attention sur les contraintes qui pèseront sur l’exploitation des TGV (et des ICE) amenés à emprunter la ligne existante entre Belfort et Mulhouse.

En effet, les caractéristiques de celle-ci n’ont aucun rapport avec la ligne en plaine d’Alsace, ou celle entre Saverne et Strasbourg, dont tous les passages à niveau sont dénivellés et dont les équipements techniques (installation permanente de contre-sens par exemple) sont plus performants et bien utiles en cas de circulation perturbée.

Il s’en suivra, inévitablement, des risques d’incidents qui pourront provoquer jusqu’à plusieurs heures de retard au trafic TGV, notamment à sa composante internationale. Seule la réalisation de la deuxième tranche pourra pallier à cette source de difficultés.

Rappelons que la performance de la branche Sud (et donc sa rentabilité) est directement liée à la réalisation complète de la branche Est puisque plus de la moitié des gains de temps potentiels de la branche Sud serait annulée en cas de non-réalisation du tronçon de ligne nouvelle entre Belfort et Mulhouse.

Ce serait, de plus, une mesure de bonne gestion que de « lisser » les investissements en lançant aujourd’hui la réalisation d’une deuxième tranche qui est juridiquement et techniquement prête.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

Signé Jean-Marie BOCKEL

Jean-Marie BOCKEL
Sénateur-Maire de Mulhouse
Président de l’Association
Trans Europe
TGV Rhin-Rhône-Méditerranée

Signé Jean-Pierre CHEVENEMENT

Jean-Pierre CHEVENEMENT
Maire de Belfort
Président d’Honneur de l’Association

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